Le jeu libre et l’initiative :
pourquoi « ne rien faire » est essentiel
Dans une société obsédée par la performance, l’Article 7 rappelle une vérité fondamentale : les enfants ont besoin de temps non-structurés pour se construire, créer et s’épanouir.
L’Article 7 s’oppose à la tendance de vouloir « occuper » les enfants à tout prix — de remplir chaque minute de leur journée avec des activités planifiées. Il reconnaît que l’ennui n’est pas un ennemi, mais un formidable moteur pour l’imagination, la créativité et l’autonomie.
« Le milieu d’accueil veille, dans l’organisation des activités, à faire place à l’initiative de chacun des enfants et à préserver la notion de temps libre, particulièrement lorsque la période d’accueil fait suite à des activités pédagogiques. »
Cet article est d’une importance capitale, surtout dans les accueils extrascolaires, mais aussi dans les crèches et maisons d’enfants. Deux notions sont au cœur de cet article : l’initiative de l’enfant et le temps libre. Explorons-les ensemble.
L’initiative de l’enfant
Bien plus qu’un simple choix entre deux activités — une posture éducative profonde
L’enfant n’est pas un vase à remplir, mais un être actif, curieux, avec ses propres idées et projets. L’initiative, c’est sa capacité à être l’auteur de son propre jeu et de son exploration.
Un espace riche mais non directif : matériel « ouvert » (cartons, tissus, éléments naturels), espaces modulables, et une posture adulte qui observe et accompagne sans imposer.
L’important n’est pas le résultat visible, mais le cheminement de l’enfant — sa concentration, sa persévérance, sa créativité. Le processus vaut plus que le produit final.
Au lieu de dire « Faisons un beau château », la professionnelle met à disposition des blocs et observe. Un enfant les empile, un autre les aligne pour un train, un troisième les utilise comme téléphone. Elle verbalise ce qu’elle voit : « Oh, tu as construit un long serpent ! » — mais ne dirige pas le jeu.
Le temps libre, un espace vital
Cliquez sur chaque portion pour explorer les 4 fonctions du temps libre
Chaque portion représente une fonction essentielle du temps libre pour le développement de l’enfant selon l’Article 7.
Après l’école, au lieu d’un atelier bricolage immédiat, le milieu d’accueil organise un « temps calme ». Certains s’allongent avec un livre, d’autres regardent par la fenêtre, d’autres sortent un jeu en silence. Aucune attente de production — juste un moment pour souffler et se retrouver.
Deux rôles complémentaires
Appliquer l’Article 7 demande un engagement différent mais cohérent de la part des professionnels et des familles.
- Observer les jeux pour mieux comprendre les besoins et intérêts
- Être disponible sans intervenir systématiquement
- Garantir un cadre sécurisant où les règles de vie sont respectées
- Prévoir des plages de temps libre dans l’horaire sans culpabiliser
- Aménager des espaces inspirants même sans supervision directe
- Proposer du matériel riche et varié, laissé libre d’appropriation
- Ne pas avoir peur de l’ennui — c’est un cadeau qu’on offre à l’enfant
- Limiter les écrans qui empêchent l’émergence de l’ennui créatif
- Observer ce que l’enfant invente quand on lui en laisse l’espace
- Valoriser la réponse « il a joué librement » — c’est une excellente nouvelle
- Faire confiance aux choix pédagogiques de l’équipe
- Partager vos observations si l’enfant semble sur-stimulé ou fatigué
« Le développement d’un enfant ne se mesure pas au nombre d’activités qu’il fait, mais à la qualité de sa présence au monde et à lui-même. »
— Principe de l’Article 7, Code de Qualité ONE
En faisant place à l’initiative et au temps libre, les milieux d’accueil ne font pas « moins » — ils font « mieux ».
Ils offrent aux enfants l’opportunité de devenir des individus autonomes, créatifs, curieux, capables de trouver en eux-mêmes les ressources pour s’épanouir. C’est sans doute l’une des compétences les plus précieuses que l’on puisse leur offrir pour la vie.
Éduc Sens · Saida Koraibat · Belgique · Petite Enfance

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