• En tant que professionnelle de la petite enfance et maman, je suis fascinée par l’incroyable potentiel qui réside dans chaque enfant. j’ai souvent observé ces petites étincelles de génie, ces moments de découverte intense qui façonnent un futur. Mais je me suis aussi souvent posé la question : comment pouvons-nous, en tant qu’adultes, mieux accompagner ce développement fulgurant ?

    La réponse, pour moi, se trouve à la croisée des chemins entre la pédagogie et la science. C’est ce que l’on appelle la neuro-éducation. Loin d’être une méthode rigide, c’est une nouvelle paire de lunettes qui nous permet de mieux comprendre le monde intérieur de l’enfant et d’adapter nos pratiques à la magnifique mécanique de son cerveau en construction.

    Le cerveau de l’enfant : un chef-d’œuvre en constante évolution

    Imaginez le cerveau d’un nouveau-né comme une forêt dense où des milliers de sentiers peuvent être tracés. Chaque expérience, chaque interaction, chaque câlin, chaque chanson est comme un pas qui renforce un chemin. C’est le principe de la neuroplasticité : la capacité incroyable du cerveau à se modeler et à se réorganiser en fonction des expériences vécues. Les premières années de vie sont une période d’effervescence neuronale sans équivalent [1].

    « Le cerveau de l’enfant se modifie donc en fonction des expériences qu’il vit au quotidien, puisque tout ce qu’il perçoit et découvre du monde qui l’entoure va venir créer une connexion synaptique dans son cerveau ! » – Edumiam

    Comprendre cela change tout. Cela signifie que nous, adultes, sommes les co-architectes de ce chef-d’œuvre. Un environnement riche, bienveillant et stimulant est le meilleur terreau pour que ces connexions neuronales s’épanouissent.

    L’émotion : le carburant de l’apprentissage

    L’une des plus grandes révélations des neurosciences est le lien indissociable entre émotions et apprentissage. Un cerveau stressé, inondé de cortisol, est un cerveau qui apprend moins bien. À l’inverse, un enfant qui se sent en sécurité affective, compris et soutenu, libère de l’ocytocine, l’hormone de l’attachement et du bien-être. Son cerveau est alors pleinement disponible pour explorer, découvrir et apprendre.

    Les fameuses « tempêtes émotionnelles » des tout-petits ne sont pas des caprices. Elles sont le signe d’un cerveau encore immature, notamment au niveau du lobe frontal, qui est notre tour de contrôle interne. L’enfant est littéralement submergé, sans avoir la capacité de se calmer seul. Notre rôle, en tant qu’adulte, est alors de devenir sa « tour de contrôle externe », de l’aider à mettre des mots sur ce qu’il ressent et de lui offrir le réconfort nécessaire pour apaiser la tempête.

    3 clés de la neuro-éducation à appliquer au quotidien

    La beauté de la neuro-éducation est qu’elle ne demande pas de matériel coûteux, mais un changement de regard et de posture. Voici trois pistes concrètes pour commencer dès aujourd’hui :

    CléPrincipeApplication Pratique
    1. Le Jeu LibreLe jeu est le travail de l’enfantOffrez un environnement sécurisé avec du matériel simple et polyvalent (cartons, tissus, éléments de la nature). Laissez l’enfant explorer à son rythme, sans consigne. C’est dans cette liberté qu’il fait ses plus grandes découvertes et construit son intelligence.
    2. La Communication BienveillanteParler au cerveau de l’enfantUtilisez des phrases courtes, positives et concrètes. Validez ses émotions : « Je vois que tu es en colère que le jeu s’arrête ». L’enfant se sent compris et son cerveau est plus apte à coopérer.
    3. L’Encouragement et la ValorisationActiver le circuit de la récompenseFélicitez les efforts plus que le résultat. Un « J’ai vu comme tu as essayé longtemps, c’est super ! » est bien plus puissant qu’un simple « C’est bien ». Cela nourrit sa motivation intrinsèque et son désir de continuer à apprendre.
    Vers un « Reflet Bienveillant »

    Ces principes sont au cœur de l’approche que je développe chez Éduc Sens, que j’appelle « Le Reflet Bienveillant ». Il s’agit de devenir le miroir qui renvoie à l’enfant une image positive de lui-même, de ses compétences et de son potentiel. C’est une posture qui allie la chaleur de l’accompagnement humain à la lumière des découvertes scientifiques.

    En intégrant les apports des neurosciences, mais aussi la richesse de l’approche interculturelle et les opportunités offertes par les nouvelles technologies comme l’IA, nous pouvons créer un environnement éducatif qui prépare réellement nos enfants au monde de demain.

    La neuro-éducation n’est pas une mode, c’est une révolution douce. Une invitation à mieux comprendre pour mieux accompagner. Et si nous commencions ce voyage ensemble ?

    Références

    1. Les Mômeries. (2025, 12 mai). Comprendre les neurosciences appliquées à la petite enfance. https://www.lesmomeries.com/comprendre-les-neurosciences-appliquees-a-la-petite-enfance/
    2. Edumiam. (2023, 20 octobre). Neurosciences et petite enfance : quels apports ?. https://www.edumiam.com/actus/neurosciences-petite-enfance
    3. L’Hebdomadaire de l’Éducation. (2025, 18 mars). Neuroplasticité et apprentissage: la contribution de la psychologie aux nouvelles technologies éducatives. https://educ-hebdo.fr/345-neuroplasticite-et-apprentissage-la-contribution-de-la-psychologie-aux-nouvelles-technologies-educatives/